Les mots irritants pour un dépressif

Ce que la dépression empêche d’entendre ce sont bien ces mots tellement surfaits tels que « reprends-toi », « sois fort, » « allez secoues toi»  « fais un effort » mais attendre cela d’une personne en dépression c’est comme demander à un homme paraplégique qu’il se lève de son fauteuil et se mette à marcher;  c’est déjà tellement dévalorisant lorsque l’on est justement en train de traverser une phase où plus rien n’a de sens où les repères se désagrègent les uns derrière les autres, où le seul lieu accessible est la couette ou la grotte…

 

Combien de fois vous est-il arrivé de les prononcer vous-même sans vous rendre compte du vide qu’ils représentaient aux yeux de celles ou ceux à qui ils étaient destinés.  Lorsque nous traversons cette période inconfortable et momentanée – avant de prendre conscience du démantèlement de nos schémas profonds – il nous est alors impossible, inconcevable  d’agir, de réagir c’est le propre de cette démarche qui nous entraîne vers les tréfonds de ce qu’il y a de plus sombre en nous, mais avant de sentir la lumière qui se cache derrière cet état, s’il vous plait arrêtez de leur parler comme à des enfants, voire des « demeurés », je sais vous pensez bien faire en les « secouant » ? mais c’est tout le contraire dont ils ont besoin, mieux vaut un silence en présence que des mots transparents et surtout ne les jugez pas car tant que l’on ne fait pas l’expérience dans son corps on ne peut avoir une idée précise sur le sujet.

 

La dépression a pour effet d’anéantir toute forme de raisonnement, de discernement, de lucidité face à des événements habituels et quotidiens, je comprends que cela peut être irritant pour « l’accompagnant » mais tout devient flou et c’est complètement désorienté que le « dépressif » tente d’avancer au quotidien, ce qui le rendait joyeux hier l’attriste profondément aujourd’hui et c’est cela sans doute qui vous déroute.

la victime

« Allez sors un peu ça va te faire du bien de t’aérer… »Oh my God ! quitter sa caverne où il se sent en totale sécurité n’y pensez même pas, c’est insurmontable au début, ils n’ont plus envie de partager quoique ce soit, ni de se monter au  reste du monde d’ailleurs, il y a là une forme sournoise de honte, de dévalorisation de soi profonde et tout ce qui pourrait « faire du bien » est immédiatement refusé, comme si le fait « d’aller un peu mieux » pour telle ou telle raison les mettait encore plus en danger….et c’est là que acte 3  scène 12, rentre en scène la « victime maléfique » qui va tout faire pour nous prouver qu’il y a tellement de bénéfices secondaires à demeurer « malade » qu’il est hors de question de prendre ce risque.

C’est inconsciemment bien sûr que certains vont rester prostrés pendant des mois voire des années, car l’entourage est complaisant, compréhensif et aux petits soins pour eux. J’ai demandé un jour à une amie « ne crois-tu pas que tu es co-créatrice de ta pathologie pour qu’enfin ton mari s’occupe de toi ? » la réponse fut affirmative …

Le besoin d’amour et de reconnaissance n’est pas à négliger quel que soit la pathologie créée. Mais la véritable question c’est que va-t-on faire de cette dépression, au début on s’apitoie, on se dénigre, on se juge, on se malmène, on se dévalorise, on se sent coupable, c’est ok, c’est le passage presque « normal »  et ensuite quels choix se présentent à eux  ?

on l’utilise ou pas ?

Un Seul, s’en servir comme tremplin pour aller décortiquer tout ce qui remonte même si c’est douloureux même si les autres n’accèdent plus à vos perceptions, c’est le moment de regarder dans les yeux tous les éléments déclencheurs, tous les « fauteurs de troubles » tous les conflits non résolus, tous les non-dits si douloureux, tout ce qui a encore besoin d’être « nettoyé » « validé » et « intégré » car ils sont là aujourd’hui  pour aller appuyer  où ça fait  mal dans le seul but d’ouvrir leur conscience à qui ils sont  vraiment, à plus d’espace, rallumer la  puissance sacrée qu’ils ont abandonnés par convention, croyance, loyauté familiale, que sais-je encore ….quelque chose s’est déréglé certes et parfois on a besoin de « toucher le fond » pour trouver le courage de se remettre en question et de s’appréhender d’une manière totalement différente.

Ouvrons la porte aux « contrats » qui arrivent à échéance

La dépression peut être riche de sens à celui qui dit grâce et non plus à cause. La question à se poser n’est pas pourquoi cela m’arrive mais comment je vais pouvoir me « servir »  de ce qui m’arrive pour enrichir ce que j’ai à comprendre et à vivre. On ne trébuche pas par hasard il y a toujours une leçon, un enseignement qu’il est nécessaire de s’approprier, nous sommes des humanoïdes faits de sentiments, d’émotions, de valeurs, de convictions mais lorsque le château de cartes vient à tomber c’est juste les cartes qui ont perdu l’équilibre pas le château.

 

La reconnexion a Soi peut prendre du temps et va dépendre en effet de plusieurs facteurs et dénominateurs communs mais même si le découragement est total au début il ne faut pas perdre de vue que sans sortir de sa zone de confort on ne saura jamais de quoi on est capable et la dépression comme tout autre pathologie du reste peut être vécues comme  une « opportunité » si on choisit d’en faire quelque chose.

l’enfance et la dépression

Comme le dit à juste titre Moussa Nabati « Contrairement à ce que l’on croit, la dépression n’est pas la conséquence du coup dur qui la déclenche comme le  divorce, chômage, deuil  Cette épreuve vient réveiller une douleur non cicatrisée. La dépression à l’âge adulte entre toujours en écho avec une dépression infantile précoce qui vient refaire surface.

 

Les déprimés n’en ont peut être pas eu ! Ils n’ont pas été aimés, choyés, soutenus comme ils auraient dû l’être ou voulu être . Or, l’enfant qu’ils étaient s’en est senti coupable, comme tout enfant mal aimé qui s’accuse des maltraitances qu’il subit. Il a refoulé cette culpabilité, a lutté contre sa déception pour continuer à grandir. À l’âge adulte, cette culpabilité va le pousser à s’auto punir en s’interdisant de goûter au bonheur. Il va encore faire passer les désirs d’autrui avant les siens, dans la tentative vaine de démontrer aux autres son « innocence ». Et puis, un beau jour, un abandon, une perte viennent briser toutes ses digues…

auto défense pour ne pas souffrir

Mais elles aussi ont mis en place des défenses pour faire barrage à leur souffrance, en se battant pour réussir leur vie de famille, leur vie professionnelle. Paradoxalement, le jour où elles atteignent leur but, elles se retrouvent face à elles-mêmes, à leur douleur masquée par l’énergie dépensée pour ces réussites. Finalement, l’effondrement peut survenir aussi bien quand tout va mal que quand tout va bien, mais la cause reste la même.

 

La dépression va permettre de déposer cette arme du déni, qui a été efficace dans l’enfance pour ne pas sombrer, mais qui ne l’est plus. Quand nous « tombons » en dépression, c’est que nous sommes prêts psychiquement, nous nous sentons assez forts pour y faire face. Pour en faire une chance, il faut que la personne puisse l’accueillir pour ce qu’elle est : un message envoyé par l’inconscient, et non une maladie à éradiquer. Qu’elle accepte de s’occuper d’elle en effectuant un travail d’introspection, en revisitant son passé avec l’aide d’un analyste afin de comprendre ce qui s’est joué dans son enfance.et Si l’enfant intérieur n’est pas soigné, la dépression rejaillira. Ce n’est pas en la niant qu’elle s’en va, mais en acceptant de la traverser.

 

@Eliane Deniau Roussel  With my Endless Love

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