Le premier jour D’OCTOBRE…

elle ouvrit les yeux sur ce monde qu’elle avait choisi de venir expérimenter et les premiers mots qu’elle entendit furent « faites un choix on ne peut pas sauver les deux c’est la mère ou la fille » c’était plutôt sympa cette arrivée sur Gaia, la chevauchée s’annonçait sportive …

Le second ressenti fut lui aussi un tant soit peu « hostile », en effet quelques jours après voir prit connaissance de ce nouveau véhicule terrestre, que finalement elle avait réussi à s’accorder… un carillon d’un autre siècle retentit au-dessus de son couffin, un bruit insoutenable s’engouffra alors dans la chambre, d’une vibration intense et brutale, secoua le berceau, c’était le bruit de la sonnette du cabinet médical familial, un patient venait de s’installer dans la salle d’attente, elle comprendra rapidement que le sommeil allait devenir compliqué car elle avait tout de même pris ses précautions la coquine…elle était venue « se personnifier » dans une famille de médecin… histoire de conjurer le mauvais sort certainement, si toutefois un jour elle tombait malade …elle ne se souvint plus que la pensée était créatrice elle l’apprendra plus tard, ….    

  L’anagramme GUÉRISON / SOIGNEUR était déjà ancré sans qu’elle ne s’en souvienne, elle avait tout à « Ré-apprendre »…

   Tout au long de ce nouvel apprentissage, elle cohabitera souvent avec les maladies, les siennes et celles des autres, sans vraiment connaitre le sens profond de ces manifestations, elle subissait, figée plutôt qu’elle n’agissait, car tout l’environnement conspirait à ne lui offrir qu’un remède…l’allopathie – les Mé Di Ca Ments – et dans médicaments il y a Ment… Ce petit bout de vie jonglait d’otites en angines, elle souffrait, pleurait, ne dormait jamais pour cause bonjour le boucan !

  Le « Pantharei »(laisser couler la vie) ou même le Carpe Diem était un mode de vie qui existait peu, voire pas au sein de ce clan, le moindre détail devenait drame et les non-dits prenaient une place prépondérante, pourtant le latin et le grec faisaient lettres de noblesse dans cette famille…l’étymologie avait dû leur échapper…

Alors en grandissant elle expérimenta toute sorte de pathologies, comme pour rester plus proche du nid, fidèle à la loyauté familiale qui faisait d’elle une petite victime chouchoutée que l’on devait protéger sans cesse des aléas extérieurs, car il avait été décrété que le monde dehors était dangereux pour cette enfant fragile, peureuse et vulnérable… allez Bim, les collages d’étiquettes commençaient. Sa mère lui vouait un amour oblatif. Cet enfant avait choisi un utérus en manque d’affection pour colmater la carence affective d’une maman « cormoran ».

Elle aurait pu choisir la liberté et l’autonomie mais le respect au clan et cette « unité familiale » étaient si puissants qu’elle préféra se réfugier dans la sécurité et dans la dépendance affective, ce qui lui vaudra d’expérimenter des années de dévalorisation, de manque de confiance et d’estime d’elle-même, elle traînera longtemps cette blessure archaïque qui l’empêchera « de quitter ». Elle se sentait souvent méprisable, incapable, niaise et naïve face aux expériences inamicales que la vie n’avait de cesse de lui proposer. Tu parles bonjour les « Post It » qui croulaient sous la glue. Une partie d’elle ne se sentait pas écoutée entendue. Pour exemple lorsqu’elle était en CM2, elle remporta pour une fois (et ce fut la dernière) un concours, et au moment d’aller récupérer le premier prix – dont elle rêvait depuis des années, une couette 2 places, imposante volumineuse, elle se sentit tellement mièvre, chétive et introvertie, qu’elle reparti avec du papier à lettre….ah c’est sur ça passe inaperçu du papier à lettre, un peu ce qu’elle vivait tous les jours du reste… Au moment de ce choix elle ressenti beaucoup de colère pour elle-même, elle aurait voulu se dissimuler sous terre, ce qu’elle ignorait à l’époque c’est qu’il y descendrait pour de bon un jour…mais cette fois pour en sortir grandie.

Ce fut une enfance en demi-teinte, aimée par ses proches sans aucun doute avec leurs maladresses et leurs limites mais souvent  boudée par l’amitié, elle avait ce sentiment étrange d’être rejetée, raillée,  elle ne trouvait sa place et son identité ni avec les enfants de son âge ni dans sa structure familiale, comme si elle était en permanence en décalage  entre ses pensées, ses paroles et ses actions, un déséquilibre qui la suivit plus tard dans ses relations amoureuses, au travers desquelles elle chercha sans cesse chez l’autre la solution à ses problématiques, l’effet miroir ne lui était pas encore apparu clairement….ni l’origine de sa souffrance quotidienne d’ailleurs.

Adolescente elle commença à se sentir attirée par tout ce qui pouvait avoir un lien avec les lois mystiques, les énergies, les vibrations, mais le milieu pragmatique et cartésien dans lequel elle évoluait ne lui consentait pas d’approfondir ses envies de découvertes, on la traitait de « sotte » de « frivole », lorsqu’elle émit le choix de vouloir faire psycho par exemple à l’âge adulte, vous n’imaginez pas ce que le chef de famille a pu employer comme noms d’oiseaux à son égard…. Elle découvrira plus tard leur langage….

Elle devint une jeune fille adulte en expansion et choisit alors de prendre son envol malgré une charge affective conséquente et culpabilisante à ce moment-là (la maman cormoran faisait une dépression) malgré tout elle quitta le cocon après avoir entendu du père : « si tu pars de la maison tu tues ta mère »  Oulaaaa, le bagage allait être un peu lourd ….

@Eliane Deniau Roussel Auteure 

 

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